Le salarié-célibataire, le rêve des entreprises ?

Et si recruter un salarié célibataire était le rêve pour une entreprise ?

37 % des célibataires français estiment que leur célibat a été un accélérateur de carrière. En effet, perçus par l’entreprise comme plus disponibles, plus souples et plus impliqués, les célibataires sont amenés à évoluer que leurs collègues en ménages.

Dans son quotidien de travail, avoir une famille à charge semble être la seule contrainte entendable et légitime que le salarié puisse opposer à son entreprise et à ses collègues. Le célibat reste encore perçu dans l’imaginaire collectif comme un choix de vie destiné à la seule conduite d’une carrière. Pourtant, il semblerait que le salarié-célibataire ne soit pas si prisé que cela !

Le sociologue Jean-Claude Kaufmann, spécialiste de la sociologie du couple, s’est penché sur le rapport ambivalent des entreprises avec le statut familial de leurs salariés : « D’un côté, elles apprécient ces célibataires qui peuvent se consacrer sans entraves à leur boulot. De l’autre, elles restent marquées par la norme du mariage et de la famille. »

Un célibat différemment vécu selon le genre

En effet, deux études réalisées aux Etats-Unis en 2014 soulignent que le statut familial discrimine… différemment en fonction du genre ! Tandis que les femmes sont fortement lésées lorsqu’elles fondent une famille, les hommes à l’inverse en bénéficient.

Michelle Budig, professeur de sociologie à l’université d’Amherst, a analysé les données salariales recensées aux Etats-Unis entre 1978 et 2006. Elle en dédie qu’en fondant une famille, un homme voit ses revenus augmenter de 6% tandis qu’une femme voit baisses les siens de 4% : « Dans l’esprit des employeurs, les pères sont plus stables et plus investis dans leur travail, ils ont une famille à charge et ne peuvent pas se permettre de se disperser. C’est l’exact opposé de la manière dont les mères qui travaillent sont trop souvent perçues. Dans l’imaginaire collectif, elles travaillent moins et sont plus facilement distraites ».

Shelley J. Correl, professeur de sociologie à l’Université de Stanford, vient corroborer cette idée à travers une campagne de testing réalisée auprès d’un échantillon d’entreprise. En envoyant des CV avec pour seule caractéristique différenciante le genre et le nombre d’enfants, elle conclut que le salarié idéal est, par ordre de préférence : l’homme père de famille (1), la femme sans enfants (2), l’homme sans enfants (3), et enfin la femme avec enfants (4).

Le célibat serait donc un atout de carrière, si tant est qu’on est un homme jeune ou une femme mûre. Dans le cas contraire, on s’expose à toute sorte de spéculations : « face à une candidate de 30 ou 35 ans sans enfants, les employeurs se disent qu’elle ne va pas tarder à fonder un foyer. Ou bien qu’elle doit être insupportable si elle n’est pas casée à cet âge-là ! » confie un chasseur de têtes. Pour un homme de 40-45 ans, « je me demande s’ils sont impuissants ou coureurs de jupons. Ou s’ils ont un problème avec leur maman. »

Malgré le fait que la situation de famille figure parmi les motifs de discrimination du code du travail (L1132-1), cet élément semble difficile à appréhender pour les entreprises et les salariés eux-mêmes.

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