The Big Short, la crise financière vue par le cinéma américain

The Big Short d’Adam McKay s’attache à la crise financière de 2008. L’ambition est de taille : en se basant sur une histoire vraie, le film s’attache à décrire la crise des subprimes. Cette réelle affaire est celle de quatre jeunes hommes ayant anticipé l’effondrement de la bulle immobilière aux Etats-Unis, survenu en 2008 et qui a entraîné les réactions en chaîne que l’on connaît désormais. Ces quatre larrons ont même réussi à mettre en place un système pour tirer profil de cet effondrement, d’où le sous-titre du film « Le casse du siècle » : bienvenue dans un monde où un effondrement mondial fait toutefois le bonheur de certains.

Le véritable tour de force de The Big Short, c’est de rendre accessible à un public non-initié de nombreux concepts financiers clés de l’organisation de la finance mondiale, et pour certains responsables du déclenchement de la crise financière (ou de son accélération, par des effets procycliques). Tout y passe donc, avec humour et justesse, du grand art de vulgarisation financière : hypothèques, couvertures de défaillances (les credit default swaps ou CDS), obligations adossées à des actifs (les fameux collateralized debt obligations ou CDO), la titrisation des dettes en tranches de risque… Il faut par exemple voir cet extrait, où l’essentiel du mécanisme de crise est expliqué en moins de 2 minutes.

La pellicule remet en question le système financier et pose la question de sa gouvernance. Au-delà des montages compliqués et parfois bancals, et sans parler du fait que certains puisent profiter d’une crise mondiale, on y apprend par exemple que le chairman de la réserve Américaine lui-même ignorait totalement l’existence d’une telle instabilité.

La projection a même fait l’objet de lectures critiques de plusieurs économistes. Ainsi, le célèbre Paul Krugman dans un article au NY Times y va de son commentaire, jugeant le scenario abouti (« The movie gets the essentials of the financial crisis right »), mais jugeant qu’il était exagéré de réduire à un seul groupe de 4 les membres connaissant l’existence des failles du mécanisme. De même, l’économiste Jeffrey Tucker pointe plusieurs points manquants du film. Mais il n’en reste pas moins que le long métrage reste un excellent point d’accroche pour comprendre la crise financière et ses incidences !

 

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